Fanny Mandonnet revendique une couture qui dépasse le vêtement, au point de la vivre comme un geste de sculptrice. Son travail raconte une autre idée du raccommodage, celle qui retisse des souvenirs et des morceaux d’histoire personnelle. Une pratique où l’émotion compte autant que la matière.
Dans un paysage artistique souvent dominé par l’image et le numérique, la couture garde une puissance rare: elle passe par les mains, par le temps long, par l’attention portée aux traces. Chez Fanny Mandonnet, ce rapport au textile devient un langage. Il ne s’agit pas seulement d’assembler, mais de réparer, de transformer, de faire parler ce qui a été abîmé.
Le fil, l’aiguille, le tissu et les reprises racontent une chose simple et universelle: ce qui a vécu porte des marques. Et ces marques peuvent devenir une force esthétique, un point d’appui pour une œuvre. Résultat: la couture n’est plus un “petit geste” domestique, elle devient une manière de mettre en forme le passé et de lui donner une place visible.
Quand je fais de la couture…: une artiste qui revendique le geste
Dans son approche, la couture est décrite comme un acte physique, presque sculptural, où la main “modèle” la matière. Fanny Mandonnet explique ressentir, lorsqu’elle coud, l’impression d’être une sculptrice, une manière de dire que le textile n’est pas un support neutre mais un volume, une résistance, une mémoire à travailler [1].
Ce positionnement compte, parce qu’il renverse un réflexe courant: la couture est souvent rangée du côté de l’utile, du discret, du “réparateur” au sens strict. Ici, elle devient un geste artistique à part entière, avec ses choix, ses tensions, ses accidents. Le raccommodage n’est plus une opération cachée, destinée à disparaître. Il peut rester visible, assumé, comme une signature.
Au quotidien, cette idée parle à beaucoup de gens: un vêtement repris, une pièce rafistolée, un textile conservé “parce qu’il a une histoire”. L’artiste s’inscrit dans cette familiarité, mais la déplace vers l’art. Résultat: ce qui était intime peut devenir partageable, exposable, racontable.
Raccommoder le passé: réparer sans effacer les traces
Le mot raccommoder dit déjà beaucoup: remettre ensemble, relier, rendre à nouveau utilisable, mais aussi accepter que la rupture a existé. Dans le travail de Fanny Mandonnet, l’enjeu n’est pas de faire “comme avant”, mais de composer avec l’avant, de lui donner une forme qui tienne, sans nier ce qui a été vécu [1].
Cette logique de réparation assumée a un effet concret: elle change le regard sur l’usure. Là où certains cherchent la perfection, le neuf, l’effacement des défauts, le raccommodage peut au contraire mettre en valeur la cicatrice. Dans une œuvre textile, une reprise, une couture apparente, un ajout de matière deviennent des indices. Ils racontent un passage du temps, une fragilité, une persistance.
Dans la vie courante, c’est la différence entre “j’ai caché l’accroc” et “j’ai choisi de le montrer”. Transposé dans l’art, ce choix devient un message: il est possible de transformer ce qui a été endommagé en point de départ, et non en fin de parcours.
Ce rapport au passé n’est pas abstrait. Il se construit par des gestes répétés, minutieux, qui demandent patience et précision. Résultat: l’émotion ne vient pas seulement du sujet, elle vient aussi du temps investi, de l’attention portée à chaque point, à chaque raccord.
Réparer, transmettre, montrer les traces
Pourquoi la couture peut être une “sculpture”: la matière, le volume, le temps
Dire “sculpture” à propos de textile, c’est rappeler que le tissu n’est pas qu’une surface. Il se plie, se tend, se superpose, se rembourre, se froisse. Il crée du volume et impose des contraintes physiques: une couture tire, un fil résiste, une matière se déforme. Fanny Mandonnet met en avant cette dimension sensible et concrète de la couture, proche d’un travail de modelage [1].
La sculpture, traditionnellement, évoque des matériaux durs, des masses, des outils. La couture, elle, travaille souvent des matières souples. Mais l’intention peut être similaire: donner une forme, décider d’une ligne, organiser un équilibre. Une pièce textile peut être pensée comme une construction, avec ses points d’appui et ses tensions internes.
Le temps joue aussi un rôle central. Coudre, reprendre, assembler, implique une durée. Cette durée s’inscrit dans l’objet final. Dans une époque où tout va vite, où les images défilent, la couture impose une autre cadence: lente, répétitive, attentive. Résultat: l’œuvre porte la trace d’un engagement, d’une présence prolongée.
Dans le quotidien, ce rapport au temps est facile à comprendre: un ourlet fait à la main, une réparation soignée, une pièce reprise plusieurs fois, deviennent des marqueurs d’attachement. Dans une démarche artistique, cette même logique peut devenir un langage visuel et émotionnel.
Ce que ce travail change pour le public: souvenirs, transmission, regard sur l’usure
Un travail centré sur le raccommodage touche souvent un point sensible: les objets gardés, les textiles hérités, les traces familiales. Quand une œuvre parle de réparation, elle convoque des expériences communes, parfois silencieuses. Le public n’a pas besoin d’être spécialiste pour comprendre ce que signifie rapiécer, conserver, reprendre, et ce que cela dit d’une histoire personnelle [1].
Ce type de création interroge aussi la transmission. Un textile peut passer de main en main, changer d’usage, être conservé pour sa valeur affective. L’art textile, quand il s’empare de ces questions, ne se contente pas d’illustrer la nostalgie: il propose une manière active de faire avec le passé, de le retravailler pour qu’il reste vivant.
Résultat: le regard sur l’usure peut se déplacer. Une trace n’est plus seulement un défaut, elle devient un récit. Une réparation n’est plus un aveu de fragilité, elle devient une affirmation: ce qui compte mérite d’être entretenu, transformé, prolongé.
Pour le public, cela peut aussi ouvrir une question simple, très concrète: qu’est-ce qui, dans les objets du quotidien, mérite d’être sauvé, repris, revalorisé? Et que raconte ce choix sur une époque, sur une famille, sur une mémoire personnelle?
Source
[SOURCE 1] L’Yonne Républicaine, “Quand je fais de la couture, j’ai vraiment l’impression d’être une sculptrice”: Fanny Mandonnet, l’art de “raccommoder” le passé avec émotion
Fanny Mandonnet, couture et mémoire
- Fanny Mandonnet associe la couture à un geste de sculptrice.
- Son travail s’articule autour de l’idée de raccommoder le passé.
- L’Yonne Républicaine met en avant une démarche guidée par l’émotion.
Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.



