Le point de bourdon à la machine : réglages et astuces

Le point de bourdon, c’est ce contour dense et lisse qui cerne un appliqué comme un liseré de satin. Sur une machine à coudre, il ne demande aucun accessoire rare : juste un zigzag, un réglage précis, et le bon geste. Voici comment obtenir une ligne nette plutôt qu’un tas de fils irréguliers. Comment faire un ... Lire la suite

Julien JuchereauLa rédaction · Mis à jour le 24 juillet 2026 · 7 min de lecture
Point de bourdon rouge dense sortant d'un pied transparent à rainure sur du tissu blanc
L'essentiel
  • Le point de bourdon = un zigzag dont la longueur est réglée près de zéro.
  • Largeur autour de 3 mm — moins de 2 mm sur un tissu délicat.
  • Le pied à rainure laisse passer le bourrelet de fil : indispensable.
  • Un stabilisateur sous le tissu, sinon la matière gondole.
  • Ne tirez pas le tissu : laissez les griffes l'entraîner.

Le point de bourdon, c’est ce contour dense et lisse qui cerne un appliqué comme un liseré de satin. Sur une machine à coudre, il ne demande aucun accessoire rare : juste un zigzag, un réglage précis, et le bon geste. Voici comment obtenir une ligne nette plutôt qu’un tas de fils irréguliers.

Comment faire un point de bourdon à la machine ? Sélectionnez le zigzag, réglez la longueur de point presque à zéro pour que les points se serrent les uns contre les autres, et la largeur selon l’épaisseur de liseré voulue (autour de 3 mm). Ajoutez un stabilisateur sous le tissu, et laissez la machine avancer sans tirer.

Le principe : un zigzag si serré qu’il devient plein

Un point de bourdon n’est pas un point spécial : c’est un zigzag dont on a tellement réduit la longueur que les points se touchent. Au lieu d’un zigzag ajouré, on obtient une bande de fil pleine, dense, satinée.

Tout se joue donc sur deux molettes :

  • La longueur, presque à zéro. C’est elle qui rend le point plein. Trop longue, on voit le tissu entre les points ; trop courte (zéro pile), la machine bloque et fait un paquet. Cherchez le réglage juste au-dessus de zéro où les points se serrent sans s’empiler.
  • La largeur, votre liseré. Autour de 3 mm pour un contour standard, plus large pour un effet marqué, plus étroit sur les courbes serrées. Sur un tissu délicat, restez sous 2 mm pour éviter qu’il gondole.

Le pied qui change tout : le pied à rainure

C’est le seul accessoire qui compte, et il fait une vraie différence.

Un point de bourdon forme une épaisseur de fil en relief. Avec un pied plat ordinaire, cette bosse coince sous le pied, le tissu n’avance plus régulièrement, et le point s’accumule. Le pied bourdon — dit aussi pied à rainure ou pied transparent — a une gorge creusée en dessous qui laisse passer le bourrelet de fil. Le tissu glisse, le point reste régulier.

Sa version transparente ajoute un avantage : on voit exactement où l’on pique, précieux pour suivre un tracé. Un lot générique de pieds en contient presque toujours un — voyez notre guide pour choisir son pied-de-biche.

Mains cousant un appliqué floral coloré cerné d'un point de bourdon sur du denim
L’usage roi : cousez le point à cheval sur le bord de l’appliqué. Le liseré cache le bord vif et fixe la pièce du même geste.
Kit de pieds presseurs
Matériel conseillé

Kit de pieds presseurs

Un lot de pieds presseurs, dont le pied à rainure indispensable au point de bourdon.

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Le stabilisateur : non négociable

Voici l’étape que tout le monde saute, et qui explique 90 % des points de bourdon ratés.

Un zigzag aussi dense tire fortement sur le tissu : sans soutien, la matière fronce, gondole, et le liseré part en vaguelettes. La solution est simple : placez un stabilisateur sous le tissu. Sur les tissus fins, un simple papier de soie ou papier calque glissé entre le tissu et les griffes suffit : on brode par-dessus, puis on le déchire délicatement une fois fini.

Pour un travail régulier, un vrai entoilage à broder (déchirable ou à découper) donne un résultat encore plus net. Le principe est le même que pour toute couture qui doit rester stable : voyez notre article sur l’entoilage thermocollant.

Le geste : laisser la machine travailler

Le réglage est bon, le pied est monté, le tissu est stabilisé. Reste le geste, et il est contre-intuitif.

Ne tirez pas, ne poussez pas le tissu. Laissez les griffes l’entraîner toutes seules — c’est leur travail, et elles avancent à la bonne vitesse pour que les points se serrent régulièrement. Votre rôle : maintenir le tissu à plat, une main de chaque côté du pied, et le guider dans la direction du tracé.

Le point avance lentement, c’est normal : il pose beaucoup de fil sur peu de distance. Cousez à vitesse régulière plutôt que par à-coups. C’est la régularité de vitesse qui donne la régularité du liseré.

Cerner un appliqué : l’usage roi

C’est l’application la plus courante du point de bourdon : fixer et cerner un morceau de tissu rapporté d’un même geste.

La méthode : positionnez l’appliqué (thermocollé ou bâti), puis cousez le point de bourdon à cheval sur le bord — la moitié du zigzag sur l’appliqué, l’autre moitié sur le tissu de fond. Le liseré cache le bord vif de l’appliqué et le fixe. Résultat : un contour net, sans effilochage.

C’est exactement la technique de la broderie sur feutrine et de l’appliqué à la machine, que nous détaillons dans notre guide de la broderie machine sur feutrine et appliqué.

Appliqué en forme de cœur rouge cerné d'un point de bourdon net sur du tissu blanc
Le résultat visé : un contour dense et lisse, sans effilochage. Tout se joue sur la longueur réglée juste au-dessus de zéro et le tissu stabilisé.

Angles et courbes : le point délicat

Sur une ligne droite, tout est simple. Les difficultés arrivent aux changements de direction.

Dans un angle : arrêtez-vous aiguille plantée dans le tissu, du côté extérieur de l’angle, relevez le pied, pivotez le tissu, rabaissez le pied et repartez. L’aiguille plantée sert de pivot et évite le décrochement.

Dans une courbe : pivotez par petits crans réguliers, toujours aiguille plantée, du côté extérieur de la courbe. Plus la courbe est serrée, plus les pivots sont fréquents — comme pour poser un biais sur un arrondi.

Vos vérifications rapides

  • Longueur de point réglée juste au-dessus de zéro (dense, sans paquet) ?
  • Largeur adaptée au liseré (≈ 3 mm, moins sur tissu fin) ?
  • Pied à rainure monté ?
  • Stabilisateur sous le tissu ?
  • Vous laissez les griffes entraîner, sans tirer ?
  • Essai fait sur une chute du tissu réel ?

Questions fréquentes

Quel réglage pour un point de bourdon net ?

Sélectionnez le zigzag, puis réglez la longueur de point juste au-dessus de zéro pour que les points se serrent sans s’empiler — c’est ce qui rend le liseré plein et satiné. La largeur se règle selon l’effet voulu, autour de 3 mm pour un contour standard, moins de 2 mm sur un tissu délicat pour éviter qu’il gondole. Faites toujours un essai sur une chute avant d’attaquer votre ouvrage.

Faut-il un pied spécial pour le point de bourdon ?

C’est fortement conseillé. Le point de bourdon forme une épaisseur de fil en relief qui coince sous un pied plat ordinaire, ce qui rend le point irrégulier. Le pied bourdon (ou pied à rainure, souvent transparent) a une gorge creusée en dessous qui laisse passer ce bourrelet : le tissu glisse et le liseré reste régulier. Un lot générique de pieds en contient presque toujours un.

Pourquoi mon tissu gondole avec le point de bourdon ?

Parce qu’il manque de stabilisateur. Un zigzag aussi dense tire fortement sur le tissu : sans soutien, la matière fronce et le liseré part en vaguelettes. Placez un stabilisateur sous le tissu — sur les matières fines, un simple papier de soie ou papier calque glissé sous l’ouvrage suffit, et se déchire une fois le travail terminé. C’est l’étape la plus souvent oubliée.

Comment cerner un appliqué au point de bourdon ?

Positionnez l’appliqué (thermocollé ou bâti), puis cousez le point de bourdon à cheval sur son bord : la moitié du zigzag sur l’appliqué, l’autre moitié sur le tissu de fond. Le liseré cache le bord vif et fixe l’appliqué du même geste, pour un contour net sans effilochage. C’est la technique de base de l’appliqué à la machine.

Comment réussir les angles au point de bourdon ?

Arrêtez-vous aiguille plantée dans le tissu, du côté extérieur de l’angle, relevez le pied-de-biche, pivotez le tissu, rabaissez le pied et repartez. L’aiguille plantée sert de point de pivot et évite le décrochement du liseré. Dans une courbe, procédez de la même façon mais par petits crans réguliers : plus la courbe est serrée, plus les pivots sont rapprochés.

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Julien Juchereau
La rédaction

Julien Juchereau est rédacteur web. Sur C-Cousu, il documente les machines à coudre, les surjeteuses et les techniques de broderie : il compile les caractéristiques constructeurs, recoupe les sources officielles et cite ses références. Il n'est pas couturier professionnel — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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