Le point de tige est le premier point qu’on apprend et le dernier qu’on maîtrise. Il donne cette ligne souple, légèrement torsadée, qui suit les courbes sans casser — et il rate systématiquement pour une seule et même raison. Voici le geste exact, et le détail qui décide de tout.
Comment faire un point de tige ? Brodez de gauche à droite. Sortez l’aiguille sur la ligne, piquez environ 6 mm plus loin en maintenant le fil sous la ligne, puis ressortez à mi-chemin des deux points, dans le trou du point précédent. Recommencez. Le fil doit rester du même côté à chaque point : c’est tout le secret.
Ce qu’il vous faut
Le point de tige ne demande presque rien, mais chaque élément compte.
Du fil mouliné. C’est le fil de référence pour la broderie traditionnelle : 100 % coton, composé de 6 brins facilement séparables, double-mercerisé — d’où son léger éclat. On ne brode pratiquement jamais à 6 brins. Comptez 1 brin pour un trait fin, 2 à 3 brins pour un résultat plus affirmé. C’est le réglage principal de votre trait : son épaisseur se décide au moment où vous séparez les brins, pas après.
Une aiguille à broder. Elle a un chas allongé pour laisser passer plusieurs brins sans les écraser. Sa taille suit le nombre de brins : trop fine, elle bloque ; trop grosse, elle laisse un trou visible. Nous détaillons le sujet dans notre guide des meilleures aiguilles à broder à la main.
Un tambour. Il n’est pas facultatif, contrairement à ce qu’on lit souvent. Le tambour tend la toile et l’empêche de se déformer pendant que vous brodez. Or le point de tige tire légèrement sur le tissu à chaque passage : sans tension, votre ligne droite finira en vague, et vous ne pourrez pas la rattraper.

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Le geste, pas à pas
On brode de gauche à droite (inversez si vous êtes gauchère, la logique reste la même).
1. Sortez l’aiguille sur l’endroit du tissu, au tout début de votre ligne.
2. Piquez environ 6 mm plus loin sur la ligne, en avant. Avant de tirer, couchez le fil sous la ligne, du côté de vous. Ce geste-là, c’est l’article entier.
3. Ressortez à mi-chemin entre votre point de départ et votre point de piqûre — donc à environ 3 mm en arrière, juste à côté du premier point, en revenant dans son trou.
4. Tirez doucement. Votre premier point est formé.
5. Recommencez : piquez 6 mm plus loin, fil toujours dessous, ressortez à mi-chemin — c’est-à-dire à l’endroit exact où finissait le point précédent.
Techniquement, vous êtes en train de faire un point arrière qui revient sur la moitié du point précédent. C’est ce chevauchement qui produit l’effet cordelette : chaque point s’appuie sur son voisin, la ligne devient continue, souple et régulière. Un point arrière classique, lui, aboute les points bout à bout et donne une ligne raide.
Le détail qui change tout : le fil toujours du même côté
Si vous ne retenez qu’une chose de cet article, que ce soit celle-ci. Le fil doit rester du même côté de l’aiguille à chaque point, sans exception.
Pourquoi ? Parce que c’est la position du fil qui décide de la torsion de votre ligne. Un point avec le fil dessous, un point avec le fil dessus, et votre cordelette se dévrille au milieu : vous obtenez une ligne qui change de personnalité en cours de route, avec un décrochement visible. C’est le raté du point de tige, et c’est presque toujours celui-là.
Le piège ? Il ne se voit pas pendant qu’on brode. On s’en aperçoit trois centimètres plus loin, quand la ligne a déjà pris un aspect bizarre — et il faut alors tout défaire jusqu’au point fautif. D’où le réflexe à installer dès le premier jour : avant chaque piqûre, poussez consciemment le fil vers le bas avec le pouce. Au bout de vingt points, la main le fait seule.
Point de tige ou point de contour ? La même chose, à l’envers
Voilà ce que la plupart des tutos ne disent pas : le point de contour et le point de tige sont exactement le même geste. La seule différence tient au côté où vous maintenez le fil.
Fil dessous la ligne : c’est le point de tige. Fil dessus la ligne : c’est le point de contour (aussi appelé point de tige inversé).
Et le rendu change réellement. Le point de tige ressort davantage en relief, plus marqué, moins uni — c’est un vrai petit cordon posé sur le tissu. Le point de contour donne une ligne plus douce et plus nette, où les points se voient moins : parce que le sens de la broderie suit alors celui de la torsion du fil, les points se fondent dans le trait.
Concrètement : pour une tige de fleur, un tronc, une nervure — tout ce qui doit avoir de la matière — prenez le point de tige. Pour cerner une zone que vous remplirez ensuite, ou pour un contour qui doit se faire discret, prenez le point de contour. Même geste, deux outils. Nous passons les autres en revue dans notre panorama des points de la broderie.
Broder une courbe
C’est là que le point de tige est imbattable — et c’est aussi là qu’il pardonne le moins.
La règle est simple : plus la courbe est serrée, plus les points doivent être courts. Un point de 6 mm sur une courbe prononcée coupe le virage en ligne droite, et vous obtenez un polygone au lieu d’un arc.
Les ordres de grandeur, quand vous brodez à un seul brin : ne dépassez pas 3 mm, et descendez à environ 2 mm sur les courbes très serrées. C’est plus long à broder, forcément. Mais c’est la seule façon d’obtenir une ligne fluide — et sur une petite fleur, la différence saute aux yeux.
Les ratés classiques, et comment les éviter
La ligne qui se dévrille au milieu. Le fil a changé de côté. Défaites jusqu’au décrochement — il n’y a pas de rattrapage.
La ligne qui ondule alors qu’elle devrait être droite. Le tissu n’était pas tendu, ou vous tirez trop fort à chaque point. Remettez du tambour, et tirez juste assez pour poser le fil, pas pour le serrer.
Le virage anguleux. Points trop longs sur une courbe. Raccourcissez : 2 à 3 mm.
Les points qui ne se touchent pas. Vous ressortez trop loin en arrière, ou pas assez. Visez vraiment le milieu du point précédent, en revenant dans son trou. Un chevauchement à moitié : ni plus, ni moins.
La ligne trop épaisse ou trop maigre. Ce n’est pas le point, c’est le nombre de brins. Refaites avec 1 brin de moins ou de plus.
Vos vérifications rapides
- Le fil est-il toujours du même côté de l’aiguille ? (dessous = tige, dessus = contour)
- La toile est-elle bien tendue dans le tambour ?
- Ressortez-vous bien au milieu du point précédent ?
- Vos points sont-ils plus courts dans les courbes que dans les lignes droites ?
- Le nombre de brins correspond-il à l’épaisseur de trait voulue ?
- Tirez-vous doucement, sans serrer ?
Où l’utiliser
Le point de tige porte bien son nom : il excelle sur les tiges de fleurs, où sa légère torsion imite le végétal. Mais il va bien au-delà. C’est un excellent point de lettrage — les courbes des lettres cursives lui vont parfaitement. Il sert aussi à délimiter une zone que vous remplirez ensuite d’un autre point. Et brodé en lignes serrées les unes contre les autres, il devient un point de remplissage à part entière, avec une texture reconnaissable.
Si vous débutez complètement, commencez par notre article sur le premier point en broderie, puis revenez ici. Et si l’envie vous prend ensuite de passer à la broderie machine, notre guide des machines à broder Brother vous évitera quelques erreurs coûteuses.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le point de tige et le point de contour ?
C’est exactement le même geste : seule change la position du fil pendant la piqûre. Fil maintenu sous la ligne, c’est le point de tige — la ligne ressort en relief, avec un effet cordelette marqué. Fil maintenu au-dessus, c’est le point de contour — la ligne est plus douce et plus nette, les points se voient moins, parce que le sens de broderie suit la torsion du fil.
Combien de brins de mouliné utiliser pour un point de tige ?
Le fil mouliné est composé de 6 brins séparables, mais on ne brode presque jamais à 6. Comptez 1 brin pour un trait fin et délicat, et 2 à 3 brins pour un résultat plus affirmé. L’épaisseur de votre ligne se décide à ce moment-là, quand vous séparez les brins — pas au moment de broder.
Pourquoi mon point de tige se dévrille au milieu de la ligne ?
Parce que le fil a changé de côté en cours de route. Le point de tige exige que le fil reste sous la ligne à chaque piqûre, sans exception : un seul point avec le fil au-dessus et la torsion s’inverse, ce qui crée un décrochement visible. Il n’y a pas de rattrapage — il faut défaire jusqu’au point fautif. Le réflexe à prendre : pousser le fil vers le bas avec le pouce avant chaque piqûre.
Quelle longueur de point pour broder une courbe ?
Plus la courbe est serrée, plus les points doivent être courts, sinon le virage devient anguleux. En brodant à un seul brin, ne dépassez pas 3 mm, et descendez à environ 2 mm sur les courbes très prononcées. C’est plus lent, mais c’est la seule façon d’obtenir une ligne fluide.
Le tambour est-il vraiment nécessaire ?
Oui, plus qu’on ne le dit. Le point de tige tire légèrement sur le tissu à chaque passage : sans tension, la toile se déforme et votre ligne droite finit en vague, sans possibilité de la rattraper. Le tambour tend la toile et évite cette déformation. C’est le seul accessoire vraiment non négociable de cette technique.



