Quatre molettes, quatre fils, et l’impression tenace de tourner des boutons au hasard : le réglage des tensions est ce qui décourage le plus sur une surjeteuse. Pourtant il obéit à une règle unique, et une fois qu’on l’a comprise, on sait toujours quelle molette toucher.
Comment régler la tension d’une surjeteuse ? Regardez où les fils des deux boucleurs se rejoignent. Ils doivent se nouer exactement sur le bord du tissu. S’ils se rejoignent sur le dessus, le boucleur inférieur est trop lâche ; s’ils se rejoignent en dessous, c’est le supérieur. Une molette à la fois, un cran à la fois.
D’abord : ce n’est probablement pas la tension
Avant de toucher à la moindre molette, une vérification s’impose — et elle règle la majorité des cas.
Réenfilez entièrement la machine. Un bourrage, un fil qui boucle ou une couture qui part en vrille viennent aussi souvent d’un enfilage incorrect que d’un réglage. Un fil sorti de son guide, un boucleur enfilé dans le désordre, et aucune tension au monde ne rattrapera ça.
Respectez l’ordre : boucleur inférieur, puis boucleur supérieur, puis les aiguilles. C’est impératif — le fil du boucleur supérieur doit passer par-dessus celui de l’inférieur, pas l’inverse. Si vous avez enfilé dans le désordre, tout est à refaire.
Notre guide de la surjeteuse pour débutant détaille pourquoi l’enfilage est le critère qui décide de tout sur ces machines.
Les quatre molettes : qui fait quoi
Sur une surjeteuse 4 fils, chaque molette commande un fil précis :
- Aiguille gauche — tient la couture d’assemblage, la plus à l’intérieur
- Aiguille droite — la seconde ligne de piqûre
- Boucleur supérieur — le fil qui couvre le dessus du bord
- Boucleur inférieur — le fil qui couvre le dessous du bord
Les molettes sont graduées de 0 à 9, 0 étant la tension la plus faible. La position par défaut se situe autour de 4 ou 5 : c’est là qu’on revient quand on s’est perdu.
L’astuce qui change tout : enfilez votre machine avec quatre couleurs de fil différentes pour vos essais. Vous verrez instantanément quel fil est fautif, donc quelle molette tourner. C’est la seule façon d’apprendre vite.

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La règle d’or : les boucleurs se rejoignent sur le bord
Voici le principe unique dont découle tout le reste.
Les deux fils de boucleurs s’entrelacent pour envelopper le bord du tissu. Le point de rencontre — le petit « V » qu’ils forment — doit tomber pile sur l’arête du tissu, ni au-dessus, ni en dessous.
À partir de là, le diagnostic est mécanique :
| Ce que vous voyez | Le coupable | Le geste |
|---|---|---|
| Les boucles se rejoignent sur l’endroit | Boucleur inférieur trop lâche (ou supérieur trop tendu) |
Serrer l’inférieur ou desserrer le supérieur |
| Les boucles se rejoignent sur l’envers | Boucleur supérieur trop relâché | Serrer le supérieur |
| Le fil casse régulièrement | Tension trop élevée sur ce fil | Desserrer d’un cran |
| Le tissu fronce ou fait un bourrelet | Aiguilles trop tendues, ou différentiel mal réglé |
Desserrer les aiguilles, puis revoir le différentiel |
| La couture bâille, le tissu s’étire | Aiguilles trop lâches | Serrer les aiguilles |
La méthode : une molette, un cran, un essai
La faute universelle est de tourner deux molettes en même temps : on ne sait alors plus ce qui a produit quoi.
Procédez ainsi. Ramenez tout à la position par défaut (4 ou 5). Cousez une bande d’essai sur une chute du tissu réel, pliée en deux épaisseurs comme votre couture finale. Regardez le résultat, identifiez le fil fautif grâce aux couleurs, et tournez une seule molette d’un seul cran. Recousez. Recommencez.
C’est lent la première fois, et c’est instantané au bout de trois machines. Notez au crayon vos réglages pour vos tissus habituels : jersey, sweat, popeline — vous ne referez pas ce travail deux fois.

Le bourrelet et le tissu qui fronce
C’est le défaut le plus courant sur la maille, et on l’attribue à tort aux tensions.
Si votre jersey ressort ondulé, avec un bourrelet le long de la couture, commencez par desserrer les tensions d’aiguilles. Mais si cela ne suffit pas, le fautif est ailleurs : c’est l’entraînement différentiel.
Le différentiel règle la vitesse relative des deux jeux de griffes. Sur une maille qui s’étire, il faut le monter au-dessus de 1 (vers 1,5) pour que le tissu soit légèrement comprimé pendant la couture. Sur un tissu fin qui fronce, on le descend en dessous de 1. C’est ce réglage-là, pas la tension, qui règle les ondulations.
Vos vérifications rapides
- Avez-vous réenfilé avant de toucher aux molettes ?
- L’ordre était-il boucleur inférieur, supérieur, puis aiguilles ?
- Les molettes sont-elles reparties de la position par défaut (4-5) ?
- Testez-vous avec quatre couleurs différentes ?
- L’essai est-il fait sur une chute du tissu réel, à la bonne épaisseur ?
- Ne tournez-vous qu’une molette à la fois ?
- Pour une ondulation : avez-vous regardé le différentiel ?
Quand ce n’est plus un réglage
Si, enfilage refait et molettes revenues au neutre, le point reste irrégulier sur tous les tissus, cherchez ailleurs.
Une aiguille émoussée ou mal montée suffit à ruiner un point de surjet — et c’est la première chose à changer ; voyez notre tuto pour changer une aiguille de surjeteuse. Vérifiez aussi que le couteau coupe net : un bord mal coupé donne un surjet irrégulier quoi que vous fassiez. Enfin, les peluches s’accumulent vite dans une surjeteuse : un nettoyage complet règle plus de problèmes qu’on ne croit.
Questions fréquentes
Comment savoir quelle molette régler sur une surjeteuse ?
Regardez où les fils des deux boucleurs se rejoignent. Ils doivent se nouer exactement sur l’arête du tissu. S’ils se rejoignent sur l’endroit, le boucleur inférieur est trop lâche (ou le supérieur trop tendu) ; s’ils se rejoignent sur l’envers, le boucleur supérieur est trop relâché. Pour identifier le fil fautif d’un coup d’œil, enfilez la machine avec quatre couleurs différentes lors de vos essais.
Ma surjeteuse bourre, est-ce un problème de tension ?
Pas forcément, et souvent pas du tout. Un bourrage vient aussi souvent d’un enfilage incorrect que d’un mauvais réglage. Réenfilez systématiquement la machine avant de conclure à un problème de tension, en respectant l’ordre : boucleur inférieur, puis boucleur supérieur, puis les aiguilles. Le fil du boucleur supérieur doit passer par-dessus celui de l’inférieur — dans le désordre, rien ne fonctionnera.
Pourquoi mon jersey fait des vagues après le surjet ?
Commencez par desserrer les tensions d’aiguilles, mais le vrai coupable est généralement l’entraînement différentiel, pas la tension. Le différentiel règle la vitesse relative des deux jeux de griffes : sur une maille qui s’étire, montez-le au-dessus de 1 (vers 1,5) pour comprimer légèrement le tissu pendant la couture. Sur un tissu fin qui fronce, descendez-le en dessous de 1.
Quelle est la tension par défaut d’une surjeteuse ?
Les molettes sont graduées de 0 à 9, 0 étant la tension la plus faible, et la position par défaut se situe autour de 4 ou 5 selon les machines. C’est le point de retour quand vous vous êtes perdu dans les réglages : ramenez les quatre molettes au neutre et reprenez un essai à partir de là, une molette et un cran à la fois.
Pourquoi mon fil de surjeteuse casse-t-il ?
Le plus souvent parce que sa tension est trop élevée : le fil subit une traction excessive au passage sous le pied-de-biche et finit par céder. Desserrez d’un cran la molette du fil concerné — les quatre couleurs vous diront lequel. Vérifiez aussi la qualité du fil : un fil ancien, sec ou pelucheux casse quelle que soit la tension.



